Estimation, évaluation, audit : choisir le travail adapté
Un premier ordre de grandeur, un rapport d’évaluation et un audit d’acquisition répondent à des besoins différents. Leurs données, leurs délais et leurs conclusions ne sont pas interchangeables. Identifier le travail adapté à votre projet permet de préparer les documents utiles et de savoir précisément ce que le résultat permettra d’examiner.
« Faire estimer son entreprise » peut désigner chacun de ces trois travaux. Les confondre conduit soit à s’engager sur un chiffre trop fragile, soit à retarder une décision en attendant une précision dont on n’a pas besoin.
Estimation indicative
Deux minutes, un seul chiffre en entrée. On applique à l’EBITDA, le résultat avant charges financières, impôts et amortissements, la fourchette de multiples observée sur les cessions du secteur. Le résultat est une fourchette large, typiquement de 40 à 60 % d’amplitude entre le bas et le haut.
À quoi sert ce niveau ?
C’est suffisant pour savoir si l’on parle de 2, de 5 ou de 20 M€. Ce n’est pas suffisant pour discuter un prix. Le calculateur d’Artis fait ce travail, en libre accès, pour 21 secteurs, à partir des fourchettes présentées dans l’analyse des multiples par secteur.
Ce niveau sert à décider s’il y a lieu d’aller plus loin, cadrer une réflexion patrimoniale, ou situer l’ordre de grandeur d’une offre reçue.
Rapport d’évaluation
Quelques jours, vos états financiers et un entretien. Le travail change de nature. L’EBITDA est retraité sur plusieurs exercices, un taux d’actualisation est construit à partir de votre profil de risque, et les méthodes pertinentes sont mises en œuvre puis rapprochées, parmi les flux de trésorerie actualisés, les multiples de sociétés cotées après décotes, les multiples de transactions comparables et l’actif net réévalué.
Le résultat, et à quoi sert ce niveau
Le résultat est une fourchette resserrée, chaque chiffre étant justifié et traçable. S’y ajoutent le passage de la valeur d’entreprise à la valeur de vos titres, un diagnostic des forces et des freins, et des leviers chiffrés. Ce rapport permet d’appuyer une discussion sur des hypothèses explicites. La méthode est décrite en détail, et vous pouvez parcourir un rapport complet.
Ce niveau sert à préparer une transmission, arbitrer entre associés, constituer un dossier de financement, ou simplement savoir où l’on en est.
Audit d’acquisition
Plusieurs semaines, l’ouverture complète des comptes. L’audit d’acquisition, souvent appelé due diligence, n’est plus une estimation mais une vérification. Il est conduit par l’acquéreur, à ses frais, après signature d’une lettre d’intention. Il peut comprendre un audit comptable et fiscal, un audit social, un audit juridique des contrats et des baux, parfois un audit technique ou environnemental. Ce n’est pas une prestation incluse dans le rapport Artis.
Il ne produit pas une valeur mais une liste de constats, dont certains se traduisent en ajustement de prix ou en clauses de garantie. Une évaluation préparée en amont permet d’identifier certains points à documenter avant l’audit. Elle ne remplace pas les vérifications de l’acquéreur.
Quels documents, combien de temps ?
| Travail | Documents à réunir | Durée | Résultat du travail |
|---|---|---|---|
| Estimation indicative | Votre EBITDA, votre secteur | 2 minutes | Une fourchette large, pour cadrer une réflexion |
| Rapport d’évaluation | États financiers des trois derniers exercices, éléments sur le carnet, les contrats et les baux | Un échange d’environ 20 minutes, puis 5 jours ouvrés après réception du dossier complet et du règlement | Une fourchette argumentée, un rapport écrit, des leviers chiffrés |
| Audit d’acquisition | L’ensemble des pièces comptables, sociales et juridiques | 4 à 10 semaines | Des constats, des ajustements de prix, des clauses de garantie. Travail conduit par l’acquéreur, hors rapport Artis |
Ce qu’une estimation instantanée ne peut pas faire
Un calcul en deux minutes reste utile, à condition de savoir ce qu’il laisse de côté. Artis le dit de son propre calculateur, et cela vaut pour tout calcul du même type.
Il ne retraite pas l’EBITDA.
C’est souvent la limite la plus lourde. Le chiffre des états financiers sert rarement tel quel à valoriser. Rémunération du dirigeant, loyer versé à une SCI familiale, charges non récurrentes, dépenses personnelles : plusieurs retraitements sont à examiner, et ils peuvent déplacer la valeur davantage que le choix du multiple.
Il ignore les autres méthodes.
Un multiple sectoriel ne dit rien de vos flux futurs, rien des prix effectivement payés sur des dossiers comparables, rien de la valeur de reconstitution de vos actifs.
Il ne connaît pas votre bilan.
Sans dette financière nette comptée ligne à ligne, on obtient une valeur d’entreprise et non la valeur de ses titres. L’écart atteint couramment 25 à 35 % sur une PME endettée, et il joue en sens inverse quand la trésorerie nette est positive. Le mécanisme en détail.
Il ne voit ni votre récurrence, ni votre concentration client, ni votre dépendance au dirigeant.
Ces trois facteurs pèsent pourtant sur la position de l’entreprise dans la fourchette sectorielle.
Par où commencer ?
Commencez par une estimation indicative : elle demande deux minutes et indique si la suite a un sens. Si l’ordre de grandeur vous concerne, un rapport d’évaluation peut être utile sans attendre d’avoir un projet précis. Connaître la valeur de son entreprise et ses leviers sert même sans intention de vendre, et les chantiers pour augmenter la valeur prennent six à dix-huit mois.
L’audit d’acquisition ne se déclenche pas de votre côté. Il intervient si une opération se concrétise, à l’initiative de l’acquéreur.
Ce qu’il faut retenir
- Trois travaux, trois usages : cadrer, discuter, vérifier.
- L’estimation indicative donne un ordre de grandeur en deux minutes. Sans retraitement de l’EBITDA, elle peut se tromper davantage sur la base que sur le multiple.
- Le rapport d’évaluation appuie une discussion sur des chiffres justifiés et traçables.
- L’audit d’acquisition poursuit un objectif distinct. Le rapport d’évaluation peut alimenter les échanges, sans préjuger de ses conclusions.
Le calculateur
Obtenir un premier repère de valeur
Le calculateur applique à votre EBITDA les multiples de votre secteur et donne une fourchette indicative de valeur d’entreprise, avant toute analyse de vos comptes.
Sur votre entreprise
Vous hésitez entre un premier repère et une évaluation documentée ?
Artis vous aide à préciser le travail utile à votre décision.
Questions fréquentes
Comment estimer la valeur de son entreprise ?
Trois travaux existent. Une estimation indicative s’obtient en deux minutes en appliquant un multiple sectoriel à l’EBITDA. Un rapport d’évaluation demande les états financiers et rapproche les méthodes adaptées au dossier. Un audit d’acquisition, conduit par l’acquéreur, vérifie les comptes pendant plusieurs semaines.
Combien de temps faut-il pour faire estimer sa société ?
Deux minutes pour une estimation indicative. Pour un rapport d’évaluation, un entretien d’environ vingt minutes, puis cinq jours ouvrés après réception du dossier complet et du règlement. Quatre à dix semaines pour un audit d’acquisition.
Quels documents faut-il pour faire estimer son entreprise ?
Les états financiers des trois derniers exercices suffisent à démarrer. S’y ajoutent des éléments sur le carnet de commandes, les contrats récurrents, les baux et la rémunération du dirigeant, qui servent aux retraitements.
Une estimation en ligne suffit-elle avant de vendre ?
Non, parce qu’elle ne retraite pas l’EBITDA et ignore la dette financière nette. Elle peut donc se tromper davantage sur la base de calcul que sur le multiple. Elle sert à cadrer une réflexion, pas à entrer dans une négociation.